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Pour l'Américain moyen qui assiste dans la rue au spectacle déprimant du trafic de drogue, il paraît inconcevable que le gouvernement fédéral américain puisse être impliqué dans le trafic international des stupéfiants. Pourtant, il est prouvé que les diplomates américains et les agents de la CIA ont collaboré au trafic des stupéfiants à trois niveaux : 1. alliances de circonstance avec des groupes activement engagés dans le trafic ; 2. soutien apporté au trafic en donnant une couverture à des trafiquants d'héroïne notoires et en fermant les yeux sur leurs agissements ; 3. engagement actif dans le transport de l'opium et de l'héroïne. Il est pour le moins ironique de constater que la plaie de l'héroïne qui afflige l'Amérique est une construction américaine.
En un demi-siècle, la production et la consommation d'héroïne n'ont fait que progresser pour atteindre actuellement des chiffres records. La responsabilité de cette situation est largement due à la CIA qui, de la Seconde Guerre mondiale au conflit afghan en passant par la guerre du Viêt-nam, s'est servie à grande échelle de la drogue pour financer ses actions clandestines. Résultat d'une enquête de plus de vingt ans, ce livre analyse en profondeur les rapports troubles entre militaires, hommes de l'ombre, tafiquants de drogue, hommes politiques et policiers qui ont permis aux États-Unis d'asseoir leur pouvoir mondial notamment grâce à l'héroïne. Il a fallu pas moins de vingt ans de travail pour établir cette nouvelle version actualisée et augmentée du travail magistral d'Alfred W. MacCoy. La Politique de l'héroïne en Asie du Sud-Est, qui fut le livre de chevet de tous les courants antiprohibitionnistes modernes. Dans cet ouvrage, l'auteur montre que, face à l'augmentation de l'usage de l'héroïne aux États-Unis et aux niveaux records de production et de consommation de stupéfiants à l'échelle mondiale, il est plus que temps de tirer les enseignements de l'échec de la politique des drogues du gouvernement américain et de mettre un terme à la complicité de la CIA dans le trafic de drogue qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, est l'un des principaux moyens utilisés par l'Agence dans ses efforts pour maintenir la puissance américaine à l'étranger. C'est un exposé remarquable de l'hypocrisie officielle des États-Unis dans son approche de l'un des plus graves problèmes sociaux qui se posent au monde actuel. "La Politique de l'héroïne" offre une analyse particulièrement stimulante pour tous ceux qui s'intéressent à la question des drogues et de leur prohibition.
Terrifiant ! Michel Polac. Charlie Hebdo
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