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Seul, il lui aurait fallu un effort inhumain pour sauter du manège ou il vivotait en rond depuis des décennies. Mais ils finissent par vous en expulser. Le système vous dégueule un petit matin sur le trottoir avec un sac plastique à la main et ce bon de sortie que vous devez faire viser par les autorités compétentes, par le JAP de votre quartier, par le brgadier-chef de Gendarmerie, par l'assistante sociale, l'éducateur, le directeur de l'ANPE... Comme Jean Valjean, un véritable passeport de relègue. Ils ne vous ont pas prévenu du comment serai ce dehors.Ils s'en foutent pas mal. Bien sur vous connaissiez, mais voilà, les souvenirs sont devenus phantasmes. Nuit après nuit, le dehors a fusionné aux rêves. Lorsque le prisonnier circule d'une prison à l'autre dans son grand car bleu, il regarde et croit constater que rien n'a changé, à part quelques modèles de bagnole et certaines dispositions des carrefours. Mais c'est une illusion. Un piège.Plus rien n'est pareil. Ils se sont trompés. Ils tournent et croient que dehors ils tournent avec eux. Solidaires.Quelle idée!Dehors, ils sont toujours à fond la caisse, même le plus impotent file ses quarante noeuds, toute voile dehors. Quand ils viennent vous voir au parloir, dès qu'ils vous touchent, vous ressentez un choc. C'est la vitesse.Le décalage.
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