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** EPUISE **
Il existe un racisme qui imprègne une grande partie de la classe politique, de la droite parlementaire à la gauche plurielle : le racisme républicain. Ce courant de pensée a son chef charismatique, Jean-Pierre Chevènement ; ses clercs, Sami Naïr, Régis Debray ou Max Gallo. Il a ses héros : Napoléon, Jules Ferry, De Gaulle. Il a ses racines : le nationalisme, le colonialisme et l'élitisme républicain. Il a ses obsessions : le « communautarisme », le foulard islamique et l'Islam en général. Il a enfin ses cibles : les sans-papiers, les « travailleurs non qualifiés non européens » et les « jeunes de banlieue ». Mais, avant d'être une idéologie, le racisme républicain est un système politique, avec ses gestionnaires : Pasqua hier, Jospin ou Vaillant aujourd'hui. Un système qui combine xénophobie légale (emplois réservés, double peine, expulsions) et complaisance face aux pratiques racistes illégales (contrôles au faciès, discrimination à l'embauche ou au logement, etc.). C'est à ce modèle français de discrimination que Pierre Tévanian s'attaque, en démontant les discours qui le légitiment.
Un travail nécessaire, car comme l'écrivait déjà en son temps Alexandre Vialatte, « parler faux, parler mou, parler vague, parler bête, parler obscur, amène, oblige à penser faux, à penser mou, vague, bête, obscur ». C'est contre cette dérive du langage, qui précède de peu celle de l'esprit, que s'inscrit la lutte du collectif : « Les mots sont importants. Vivre dans l'omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés, qui clôturent la pensée et la création mieux que ne le ferait la plus efficace des censures. » Pierre Lazuly. Article paru dans Politis le 11 janvier 2001.
« Si nous ne considérons pas qu'il existe une bonne façon de parler, nous considérons qu'il y en indéniablement de mauvaises » prévient d'emblée le collectif, qui s'empresse, pour étayer sa thèse, de brocarder les poncifs, les propos « choquants, surprenants ou simplement ridicules ». Conçu, dans certaines de ses rubriques, comme un dictionnaire critique, il décrypte les usages de mots récurrents dans le discours politique ou médiatique (comme les mots « violence », « banlieue », « tolérance »). On y trouve notamment plusieurs articles extraits du Dictionnaire de la lepénisation des esprits.
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