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Depuis la nuit des temps, tous les prétextes sont bons pour faire de nous ce qu'on voudra, soldats, travailleurs, capitalistes, consommateurs, mais pas des êtres libres. Le refus de l'ordre n'est pas nécesairement le désordre, et les anarchistes ne sont ni des aigris ni des rêveurs. Ils disent simplement qu'il est temps pour chacun de vivre comme il l'entend, comme il l'aura décidé, parce que la vie n'est pas éternelle. Et qu'il vaut mieux dire non que se taire. Plus qu'un livre, un acte de résistance.
Ce livre oppose aux facilités des clichés, aux paresses de l'esprit et aux réflexes conditionnés l'iconoclaste pertinence de la pensée libertaire. Refuser tout automatisme, préserver la vigilance et la lucidité, chasser les vaches sacrées et tordre le cou aux " vérités " contrefaites serait une gageure si l'auteur ne laissait libre cours à l'humour, à la colère, au plaisir. Tout -ou presque- y passe : la guerre et le militarisme, les religions, la morale, la sexualité, les communautarismes, le sectarisme, le travail, la propriété… ça, c'est L'ordre mon cul. La liberté m'habite, c'est la tolérance, l'entraide, le plaisir d'entreprendre, les passages à l'actes… Tout ce qui montre que le refus de l'ordre n'est pas nécessairement le désordre et que les anarchistes ne sont ni des aigris, ni des rêveurs. Voilà plus de cinquante ans qu'on avait plus lu de manifeste de l'individualisme libertaire. Celui-ci actualise la proposition, s'appuyant aussi bien sur la situation balkanique, la malbouffe ou les commandos anti-IVG que sur le Pacs, les nouveaux mouvements sociaux ou la pub. Et ce qui ne gâte rien, son moteur est la joie de vivre, le plaisir (de comprendre, de faire, de partager) et la liberté en pensées et en actes.
" Des tas de militants de tas de causes sont encore convaincus que le bonheur de tous est dans telle ou telle solution. C'est sûrement très gentil ; merci. Mais qui sont-ils pour définir le bonheur d'autrui ? Et qui plus est – excusons-les du peu – de tous et pour toujours ! L'histoire regorge des cadavres de ceux qui ne voulaient pas faire comme on leur a dit que le bonheur était ! Méfions-nous de tous ceux qui prétendent avoir la clef : ils ont tôt fait de faire la serrure qui va avec. " Jean-Victor Verlinde
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