|
À travers l'expérience personnelle de l'auteur, un tableau sans concession du système des parloirs, de l'univers cul-bénit des visiteuses vocationnelles à mission rédemptrice et, au fond, un réquisitoire de fer contre le système carcéral tout entier. On oublie trop volontiers qu'en condamnant quelqu'un, c'est toute une famille qu'on punit.
Quatre mètres carrés sous surveillance. Drôle d'endroit pour une rencontre. Le parloir. Lieu impersonnel où passent en vrac avocats, visiteurs et familles, sous l'oeil vigilant des matons. La rencontre. Celle de Duszka Maksymowicz avec Micha, condamné à perpétuité, qu'elle décidera d'épouser en prison. Dix ans après, elle nous livre ce témoignage bouleversant, qui nous plonge dans l'univers des femmes de détenus : les kilomètres parcourus, l'attente, la fouille au corps, les mesures vexatoires, les abus de pouvoir du juge d'application des peines, et la solidarité des parloirs ; les angoisses aussi, celles du transfert inopiné, du mauvais traitement, de l'oubli. "Femme de parloir" est un réquisitoire de fer contre le système carcéral tout entier. On oublie trop volontiers le soin que met l'institution à punir aussi l'entourage de ses détenus.
|