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Nous avons tous une perception ambiguë du travail : véritable torture lorsqu'il est imposé par la nécessité ou la soumission, il devient plaisir lorsqu'il est librement choisi. Tout le parcours de l'humanité a consisté à résoudre ce dilemme, à se libérer de la nécessité, à distendre les contraintes pour gagner en liberté… Eh bien, nous y sommes ! Nous vivons une mutation exceptionnelle de l'histoire de l'humanité : la fin de la rareté matérielle. Dans ce contexte historique, l'idée fait son chemin d'une rétribution mensuelle garantie à vie pour chacun d'entre nous, qui mettrait définitivement notre société à l'abri de la précarité et de la soumission absolue au travail. Ce livre raconte comment pareil miracle est bel et bien possible.
Pourquoi faudrait-il que tout salaire exige encore sa peine ? En posant cette question sans verser dans la démagogie, c'est à une véritable révolution sociale que nous invite Yoland Bresson : il propose rien de moins que l'instauration d'un revenu inconditionnel et universel. Les richesses abondent aujourd'hui. Tous contribuent à leur production, mais tous n'en profitent pas. Le revenu d'existence, comme outil de répartition des richesses, permettrait une réduction immédiate de l'exclusion et des déséquilibres économiques. À terme, il représente le premier moyen connu pour libérer l'homme des aliénations qu'engendre le travail dans sa conception actuelle : une reconnaissance sociale fondée essentiellement sur la concurrence, la compétitivité et donc les conflits entre les individus. Le nouveau «contrat social» que propose Yoland Bresson opère de nombreux bouleversements : passage d'un système d'assitance honteuse à une répartition «naturelle» des richesses ; dépassement du stade du salariat, inadapté aux «exigences» croissantes des emplois : intermittence, flexibilité, précarité... ; gain de temps pour faire fructifier le «capital» humain, les talents de chacun ; travail librement consenti et librement choisi. Ce n'est pas une utopie. Les mesures sont simples et immédiatement applicables. À l'échelle nationale, le revenu d'existence, capitalisable dès la naissance, remplacerait un système d'allocations lourd et complexe. La taxe Tobin permettrait son extension à l'échelle mondiale. Nouvelle énergie économique et sociale, ce revenu sans frontière offrirait ainsi une synthèse originale entre l'État providence et le libéralisme outrancier vers lequel nos sociétés se dirigent.
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