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** EPUISE ** Les spécialistes en «science des religions» ne font que très rarement mention du rastafarisme. Lorsqu'ils daignent s'y attarder, l'explication tourne court : il s'agirait là d'un simple épiphénomène sectaire ou, mieux, d'une micro-religion proche du Vaudou. Cette classification, aussi hâtive qu'hasardeuse, n'est guère plus satisfaisante que le poncif habituel du «keubla dreadlocké fumant un spliff» en écoutant du reggae. En relatant l'histoire des premiers rastafariens, Boris Lutanie nous fournit ici les clefs essentielles pour se dégager des clichés et aborder un mouvement qui a gagné la planète entière.
Du « rastafarisme », on ne retient trop souvent que ce qui est susceptible d'éclairer le phénomène reggae. Le regain d'intérêt dont il bénéficie aujourd'hui doit sans doute plus à la personnalité légendaire de Bob Marley qu'à une connaissance précise de ce que le terme « rasta » renferme réellement. Les spécialistes en « science des religions » n'en font que très rarement mention. Lorsqu'ils daignent s'y attarder, l'explication tourne court : il s'agirait là d'un simple épiphénomène sectaire ou, mieux, d'une micro-religion proche du vaudou. Cette classification, aussi hâtive qu'hasardeuse, n'est en cela guère plus satisfaisante que le poncif habituel du keubla dreadlocké fumant un spliff sur un air des Wailers. Il nous importe ici d'exposer brièvement les conditions ayant présidé à l'apparition d'un tel mouvement et de retracer l'histoire des premiers rastafariens. Religion, mode de vie, contre-culture, philosophie, le mouvement rastafari épouse tous ces aspects sans jamais se figer.
« Jusqu'à ce que la philosophie qui soutient l'existence d'une race supérieure et d'une autre inférieure soit discréditée et abandonnée de façon permanente, jusqu'à ce qu'il n'existe plus de citoyens de première et de seconde classe au sein d'une nation, jusqu'à ce que la couleur d'un homme n'ait pas plus d'importance que la couleur de ses yeux, jusqu'à ce que les droits fondamentaux des hommes soient garantis à tous, de façon légale et sans considération raciale, jusqu'à ce jour, le rêve d'une paix durable, l'ambition de devenir citoyen du monde, et l'existence souveraine d'une morale internationale ne seront qu'une illusion fuyante, ce que l'on poursuit sans jamais pouvoir l'atteindre, et jusqu'à ce que le régime ignoble et voué au néant qui tient actuellement nos frères en Angola, au Mozambique, en Afrique du Sud, par le lien inhumain, soit renversé, complètement détruit ; jusqu'à ce que le fanatisme, les préjugés, la malveillance et l'égoïsme inhumain soient remplacés par la compréhension, la tolérance et la bienveillance, jusqu'à ce que tous les Africains se lèvent et parlent en êtres libres, égaux aux yeux du Tout-Puissant ; jusqu'à ce jour, le continent ne connaîtra pas la paix. Nous, les Africains, nous battrons si cela s'avère nécessaire, nous savons que nous vaincrons, car nous croyons en la victoire du bien sur le mal. » Hailé Sélassié
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