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** EPUISE ** La dictature instaurée en Birmanie par le général Ne Win en 1962 est l'une des plus criminelles du monde. La France travaille pourtant avec la Birmanie. Total, impliquée dans l'exploitation du travail forcé des paysans birmans aussi bien que dans le blanchiment d'argent depuis 1994, est le principal soutien du régime. C'est avec Total que l'État birman, premier producteur mondial d'héroïne, qui n'hésite pas à recourir au viol massif des droits de l'homme pour réprimer l'opposition, trouve sa plus importante source de devises légales. Ce livre est une plongée au pays de l'horreur – une horreur contemporaine.
Qu'est-ce qu'une dictature aujourd'hui ? Le texte d'Alan Clements décrit l'horreur à l'état brut. Ce petit livre au vitriol dénonce aussi la politique de la France en Birmanie. Dictature terrifiante, le régime birman se fonde sur l'exploitation à grande échelle du marché de l'héroïne. Les généraux de Rangoon se sont mis au ban des nations en réprimant sauvagement le soulèvement populaire de 1988, puis en ne reconnaissant pas les résultats des élections de 1990 et en assignant à résidence le leader de l'opposition, prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi. C'est dans ce contexte que la diplomatie française s'est portée à leur secours. Total est devenu le premier investisseur étranger en Birmanie. L'industrie du tourisme français a de même été encouragée aux pays des mille pagodes. Ainsi les dictateurs narco-trafiquants se sont vus offrir des sources de devises qui leur permettent de blanchir l'argent de la drogue, leur principale source de financement. Dénoncé récemment par le gouvernement belge, Total, compromis également dans l'exploitation du travail forcé, bénéficie toujours du soutien inconditionnel du gouvernement français, malgré le rapport accusateur de la mission d'information parlementaire sur les activités petrolières, en 1999. C'est ce scandale majeur de la République qui est ici mis en lumière.
"La Birmanie et son régime actuel, une narcojunte à l'état brut, exercent depuis leur avènement, 1988, sur certains secteurs politiques, économiques et affairistes français une véritable fascination. Cet engouement pour un régime que toutes les démocraties s'accordent à trouver infréquentable est, depuis une dizaine d'années, encouragé en haut lieu, du Quai d'Orsay au [...] Medef, en passant par l'Élysée, où le président Chirac s'est lui-même fait publiquement le chantre de l'investissement du pétrolier Total en Birmanie ." Francis Christophe
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