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Ce livre relate l'histoire d'un génocide perpétuellement nié. Entre 1938 et 1945, des centaines de milliers de Tsiganes ont été exterminés par les nazis et leurs alliés. En France, ils ont pu disposer du fichage initié bien avant la guerre par la Troisième République, et de la collaboration active du régime de Vichy. Pourtant, si la France a admis sa responsabilité dans la shoah, elle continue de l'éluder en ce qui concerne le samudaripen, le génocide des Tsiganes. Pour combattre cette amnésie criminelle, Claire Auzias, spécialiste reconnue des Tsiganes, jette ici une lumière crue sur l'extermination dont ce peuple a été victime en Europe.
Le congrès mondial de l'Union internationale des Roms commence le 25 juillet à Prague. Alors que la discrimination envers les représentants de leur peuple ne cesse de croître, trois cents délégués venus de 39 pays se réunissent dans la capitale tchèque pour y réclamer la reconnaissance de leur nation. Comme les Juifs, les Tsiganes (ou Roms), peuple errant, ont toujours été persécutés. Mais, contrairement aux Juifs, ils n'ont jamais reçu de signes de repentance des nations européennes. "Samudaripen" relate l'histoire de leur génocide perpétuellement nié. Entre 1938 et 1945, des centaines de milliers de Tsiganes ont été exterminés par les nazis et leurs alliés : sur les sept cent mille vivant en Europe, deux cent vingt mille ont été assassinés. Pourtant, une gêne systématique entoure ce génocide. On ne lui accorde qu'un mot entre deux virgules. Pour combattre cette amnésie criminelle, Claire Auzias jette ici une lumière crue sur l'extermination dont ce peuple a été victime. En France, les nazis ont pu disposer du fichage initié bien avant la guerre par la 3e République, et de la collaboration active du régime de Vichy. Pourtant, si la France a admis sa responsabilité dans la Shoah, elle continue de l'éluder en ce qui concerne le samudaripen, le génocide des Tsiganes. Elle a de bonnes raisons pour cela: la déportation des Tsiganes de France fut surtout intérieure. Et en 1944, nous apprend Claire Auzias, il n'y a pas eu de libération pour eux, contrairement aux autres déportés de Vichy. Ce ne fut qu'après juillet 1945 qu'on s'est préoccupé de leur sort, et les derniers n'ont été libérés qu'en mai 1946... On trouvera dans ce livre, qui fait la synthèse, pays par pays, du samudaripen, outre des cartes, la liste des camps d'internement français, une chronologie du génocide des Tsiganes, ainsi que les décrets de 1940 et 1941.
« Samudaripen, en langue romani, veut dire génocide. Le mot est construit sur le verbe mudare : «il tue», d'où provient le substantif abstrait de tuer : mudaripen, le meurtre. Mudarel est la même racine indo-européenne que meurtre, en français, murder, en anglais. Le sufixe ipen indique toujours, en romani, l'action pour la construction des substantifs. Le préfixe sa, qui est un pronom indéfini, signifie : tout. Samudaripen, en d'autres termes, signifie : tout tuer. Claire Auzias
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