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Les artistes maudits n'appartiennent pas seulement au passé. Au XXe siècle, trois écrivains français ont subi l'opprobre pour avoir célébré des amours différentes. Tandis que les textes de Violette Leduc étaient passés sous silence, ceux de Nicolas Genka étaient tout simplement interdits. Quant à Jean Sénac, il fut assassiné dans des conditions mystérieuses en 1973. Françoise d'Eaubonne, qui a côtoyé ces auteurs à St-Germain-des-Prés, démonte les mécanismes de la censure et nous fait découvrir la beauté littéraire de ces trois artistes bâillonnés.
Les artistes maudits n'appartiennent pas seulement au passé. Au 20e siècle encore, trois écrivains français ont subi l'opprobre parce qu'ils avaient placé au coeur de leur production littéraire des amours différentes. Alors que, paradoxalement, Jean Genet connaissait le succès, les oeuvres de Violette Leduc, Nicolas Genka et Jean Sénac ont longtemps été victimes d'une sorte de censure, parce qu'elles relataient, de façon souvent crue, des amours homosexuelles. Pourtant tous nés au 20e siècle, ils furent condamnés par l'obscurantisme d'une société réfractaire aux différences de mœurs. Les textes de Violette Leduc, d'abord amputés, furent isolés, bâillonnés. Ils ont tout de même su résister à l'oubli ("La Bâtarde", pour ne citer que ce roman, est aujourd'hui enfin reconnu comme l'un des ouvrages majeurs de la littérature contemporaine). Ceux de Nicolas Genka étaient tout simplement interdits. Quant à Jean Sénac, il fut assassiné dans des conditions mystérieuses en 1973. En nous restituant la beauté de leurs textes et en dévoilant les mécanismes dont ces trois écrivains sont victimes depuis les années cinquante, Françoise d'Eaubonne, qui les a côtoyés à St-Germain-des-Prés, nous met en garde : si les écrits ne sont plus officiellement visés par la censure, cette dernière connaît d'autres voies, tout aussi efficaces.
«Tout écrit qui lève un tabou provoque un trauma, et fait hurler celui que ce tabou protégeait, même en le mutilant.» Françoise d'Eaubonne
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