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Au 17e siècle, à l'emplacement de Rabat, s'élevait la ville de Salé, constituée en république pirate indépendante. Dirigée par un conseil élu de corsaires, elle traitait d'égal à égal avec les puissances européennes tandis que ses navires écumaient les mers. Beaucoup d'entre eux étaient des chrétiens européens dits renégats parce que convertis à l'islam. Ils furent alors des milliers (hommes et femmes) à fuir l'Europe pour s'établir non seulement à Salé mais aussi à Alger ou à Tunis. Pourquoi un tel choix ? L'absolutisme tombait comme une chape de plomb sur l'Europe, l'islam représentait alors une forme de liberté unique à l'époque. Une préfiguration d'une société libertaire ?
Au 17e siècle, des corsaires venus de la côte de Barbarie écumaient l'Atlantique et la méditerranée, pillant les navires marchands et capturant des esclaves par dizaines de milliers. Au cours de cette période, nombreux furent les Européens à se convertir à l'islam et à rejoindre les rangs de la piraterie barbaresque ; on les appelait les Renegados. Simple appât du gain ou praxis d'une résistance sociale ? Peter Lamborn Wilson se concentre sur le plus singulier accomplissement de ces forbans : la république pirate de Salé au Maroc, qui connut quelques décennies d'existence combative et prospère. Corsaires et soufis, bougres et gitons, Juifs hérétiques et rebelles irlandais, espions anglais et aventuriers bataves, flibustiers épicuriens et lascives Orientales — et quelques purs révoltés, libertaires fanatiques, héros secrets de la classe ouvrière, adeptes des communautés insurrectionnelles : tels sont les êtres qui peuplent ce livre et hantent encore la mémoire expurgée du monde occidental.
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